Ce mardi 27 octobre, les regards de tout un peuple seront tournés vers Conakry. Après des mois de tempête, de doutes et de gestion de crise, la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT) s’apprête à élire sa nouvelle équipe dirigeante. Au-delà des calculs politiques et des procédures juridiques, ce congrès électif est un moment de vérité : il s’agit de redonner une âme, une direction et de la dignité au sport roi en Guinée.
Voici les grands enjeux qui gravitent autour de ce rendez-vous crucial.

Guérir les blessures et enterrer la hache de guerre
Le football guinéen a trop souffert de ses divisions. Depuis des années, les guerres d’ego et les rivalités de clans ont pris le pas sur le rectangle vert, lassant les supporters et paralysant les initiatives. Le premier grand chantier du futur président ne sera pas technique, il sera humain. Il faudra rassembler les morceaux d’une famille brisée, écouter les frustrations des petits clubs et recréer une union sacrée. Sans paix interne, aucun projet ne pourra voir le jour.
Le choix des hommes plutôt que des ambitions isolées
Pour ce scrutin, la donne a changé. Les 65 membres statutaires ne voteront pas pour un homme providentiel, mais pour des listes d’équipes complètes. C’est un signal fort : le football moderne exige une direction collective et solidaire. Pourtant, la tension reste palpable. Pas plus tard qu’il y a quelques jours, la commission électorale a dû trancher pas moins de sept litiges liés à des mandats de délégués contestés. Preuve que la bataille pour chaque voix s’est jouée jusqu’au dernier instant.
Une chance financière historique au service des talents
Le football guinéen s’apprête à changer de dimension économique, et cela attise forcément les convoitises. Entre la hausse des subventions de la FIFA et l’annonce d’un soutien étatique massif d’environ 40 milliards de francs guinéens lié au grand programme Simandou 2040, l’argent va couler. Tout l’enjeu sera de s’assurer que ces sommes astronomiques quittent enfin les salons feutrés pour financer les infrastructures professionnelles, les centres de formation et le football de rue, là où dorment les futurs talents du pays.
Le regard de la FIFA : la Guinée face à ses responsabilités
Preuve de l’importance de ce scrutin, l’instance suprême du football mondial garde un œil grand ouvert sur Conakry. Fatou Camara, envoyée spéciale de la FIFA pour le développement en Afrique, a fait le déplacement pour superviser le vote aux côtés d’Ibrahima Blasco Barry. Pour la Guinée, c’est un test de maturité. Le pays doit prouver au monde qu’il est capable d’organiser des élections transparentes et démocratiques, loin des vieux démons de la corruption et des suspensions internationales.
Les votes débuteront dès 10h GMT et le nouveau visage de la FEGUIFOOT devrait être connu à la mi-journée, avant une première prise de parole attendue à 14h. Au fond, peu importe la liste qui l’emportera : ce que le peuple de Guinée réclame, c’est de pouvoir à nouveau vibrer pour son Syli National et de voir ses enfants briller sur les pelouses nationales et internationales.
La Rédaction









