C’est un coup de tonnerre qui secoue le sport guinéen. En pleine campagne historique pour les éliminatoires de la Coupe du monde FIBA 2027, le sélectionneur national du Syli Basket, Nedeljko « Neno » Ašćerić, a officiellement présenté sa démission à Luanda (Angola). À l’origine de ce départ fracassant : une accumulation d’humiliations logistiques, des salaires impayés depuis un an et un manque de respect flagrant des autorités sportives de Conakry.
Alors que la Guinée brille sur le parquet et trône en tête de son groupe, les coulisses du basketball guinéen viennent de sombrer dans le chaos. Fatigué de se battre contre les défaillances administratives de sa propre fédération et du ministère des Sports, le technicien franco-serbe a décidé de jeter l’éponge devant les médias.
L’humiliation de trop à Luanda
Le point de rupture a été atteint à seulement 24 heures d’un match crucial. Faute de paiement des frais d’hébergement par la Direction administrative et financière (DAF) du ministère des Sports, la délégation guinéenne a été tout simplement menacée d’expulsion de son hôtel. Des stars de l’équipe, à l’image d’Alpha Diallo et de Sékou Doumbouya, ont dû plier bagage en pleine préparation.
Face à la presse, Neno Ašćerić n’a pas caché son immense frustration et sa honte :
« Je n’ai jamais vu ça de ma vie, c’est une honte absolue pour notre sport. Comment peut-on demander à des athlètes de haut niveau de se concentrer sur un match de qualification mondiale quand ils ne savent même pas s’ils auront un lit pour dormir ce soir ? C’est un manque de respect total pour leur sacrifice et leur talent. »
Un an de bénévolat forcé
Au-delà du fiasco de Luanda, le sélectionneur a levé le voile sur des conditions de travail devenues intenables sur le plan financier. Le coach a révélé qu’il exerçait ses fonctions gratuitement depuis de longs mois, sans aucun soutien de sa hiérarchie.
« Cela fait exactement un an que je ne touche plus un seul centime de salaire. J’ai continué par amour pour ce groupe, pour ces joueurs et pour le peuple guinéen qui croyait en nous. Mais la passion ne peut pas tout excuser. L’administration nous a totalement abandonnés. Les joueurs attendent aussi leurs primes depuis l’AfroBasket. C’est devenu invivable. »
Un gâchis sportif monumental
Cette démission brise brutalement la dynamique d’une génération dorée, qui faisait vibrer les supporters et replaçait la Guinée sur la carte du basketball africain et mondial. En quittant le navire, Neno Ašćerić laisse un message amer mais lucide sur l’état de la gouvernance sportive en Guinée :
« On méritait d’aller au Mondial, le potentiel est là. Mais le sport de haut niveau exige du professionnalisme à tous les étages, pas seulement sur le terrain. Je pars le cœur lourd, mais ma dignité et celle de mes joueurs ont été piétinées de trop nombreuses fois. »
À l’heure actuelle, le ministère des Sports et la Fédération Guinéenne de Basketball n’ont pas encore officiellement réagi à ce déballage public. Une chose est sûre : le Syli Basket vient de perdre son guide au pire des moments, et la crise institutionnelle ne fait que commencer.









